Chimio thérapie?   Article "Der Spiegel"   La Mafia du Cancer   Article Walter Last  

Revue d’actualités allemandes "Der Spiegel", - 04.10.2004

 

TRAITEMENT TOXIQUE SANS EFFET

 

Des patients gravement malades souffrant du cancer (poumon, sein, prostate, ou tumeurs intestinales) sont traités avec des agents cytotoxiques de plus en plus complexes et coûteux.  Un épidémiologiste a récemment analysé les taux de survie, et ses conclusions indiquent que, malgré les présumés résultats positifs, les patients ne vivent pas plus longtemps.

 

Erike Hagge* (*le nom a été changé) a été admis au Prosper-Hospital Recklinghausen la veille de Noël.  Les chirurgiens excisèrent une tumeur maligne de ses intestins et enlevèrent sa rate.  Huit mois plus tard, à la fin d’août, ils découvrirent que la tumeur s’était déjà métastasée.

 

Mardi de la semaine passée la femme au foyer de 64 ans a suivi sa première session de chimiothérapie.  Deux agents cytotoxiques dilués dans un liquide clair furent perfusés dans une veine.  “C’est une expérience cauchemardesque.  Je ne pensais jamais avoir le cancer,“ dit Mme Meyer.  “Mais j’espère que ça ira mieux.  Ils ont fait beaucoup de progrès avec leur chimiothérapie.“

 

Dieter Hölzel, 62 ans, de la Klinikum Großhadern à l’Université de Munich, est quelqu’un qui ne partage pas ce point de vue optimiste.  “En ce qui concerne les taux de survie des patients qui ont des carcinomes avec métastases dans le tractus intestinal, le sein, les poumons ou la prostate, nous n’avons fait aucun progrès depuis 25 ans,“ mentionne l’épidémiologiste.  Il a mis sur pied avec un groupe d’oncologues une banque de données contenant les historiques médicaux de plusieurs patients cancéreux qui, depuis 1978, se sont fait traiter à Munich ainsi que dans les environs, selon l’état de la connaissance médicale existant au moment du traitement.  Tous les patients souffraient d’un des quatre types de cancer mentionné plus haut à un stade avancé.  En Allemagne seulement, ces quatre types sont considérés les plus meurtriers causant approximativement 100 000 décès par année.

 

Pour les patients avec métastases cancéreuses, la chimiothérapie est devenue le traitement de choix pour les tumeurs qui ne peuvent pas être résolues avec la radiation et au moyen de la chirurgie.  Au cours des dernières décennies, de plus en plus d’agents cytotoxiques nouveaux ont été utilisés, et souvent, les manufacturiers de produits pharmaceutiques exigent des sommes astronomiques en retour d’une promesse de prolongation de la vie.

 

“Une chance pour la vie!“ dicte une bannière publicitaire de 3 mètres de haut faisant la promotion du médicament anti-cancer, le “Taxotere“.  Le manufacturier d’un produit concurrentiel utilise le slogan publicitaire: “Taxol – donnez une chance à la vie.“  Le médecin d’Erika Meyer à Recklinghausen garde une attitude positive: “La chimiothérapie a connu un progrès appréciable au cours des 20 dernières années,“ mentionne l’oncologue Friedrich Overkamp, 47 ans.  Il est possible, dit-il, de prolonger l’espérance de vie de façon “substantielle“.

 

Cependant, les derniers chiffres du registre des cancers de l’Université de Munich ne semblent pas refléter une telle tendance.  Les taux de survie ne se sont pas améliorés au cours des dernières décennies, et les patients cancéreux ne vivent pas plus longtemps qu’il y a 25 ans.  Alors que les résultats se sont améliorés légèrement pour les patients souffrant de cancer intestinal, les taux de survie du cancer du sein ont diminué au cours des années.  Selon l’épidémiologiste Hölzel, ceci pourrait être dû à des fluctuations aléatoires qui n’ont aucun impact scientifique, mais il concède qu’un pire scénario serait possible:  “Je crains que le traitement systématique de chimiothérapie, particulièrement chez les patients souffrant de cancer du sein, pourrait être responsable de la diminution des taux de survie.“

 

Cette allégation ne tient pas en ce qui concerne la thérapie médicamenteuse pour les cas de Maladie de Hodgkin, leucémie, sarcome et cancers testiculaires;  ceux-ci peuvent parfois être guéris de façon assez spectaculaire.  Et cela ne se rapporte pas non plus à l’utilisation de la chimiothérapie avant une opération dans le but de réduire une tumeur avant l’intervention chirurgicale ou la destruction post-opératoire de cellules cancéreuses résiduelles. 

 

Des cliniciens expérimentés n’ont cependant pu que constater des résultats affreux pour les patients ayant des tumeurs à un stade avancé.  Gerhard Schaller, 52 ans, un gynécologue à l’Université de Bochum, mentionne: “La chimiothérapie n’a pratiquement rien fait pour les femmes avec un cancer du sein en stade avancé – tout est à refaire.“

 

Wolfram Jäger, 49 ans, Directeur du Département de gynécologie du Städtischen Kliniken der Landeshauptstadt à Düsseldorf est arrivé aux mêmes conclusions:  “Il n’y a jamais eu et il n’y a pas de réussites.  Nous traitons un grand nombre de femmes sans preuve tangible de succès.  Si vous dites cela à vos patients, ceux-ci seront complètement anéantis.“

 

Depuis les derniers 50 ans, des millions de patients cancéreux ont subi de la chimiothérapie.  Le premier de tous ces patients, souffrant d’un lymphosarcome de stade avancé, fut traité par des médecins américains en 1942 avec du gaz moutarde.  La masse tumorale régressa de façon miraculeuse.  Cependant, au bout de trois mois les effets positifs du traitement s’estompèrent, et le patient mourut – mais cet événement sonna le début d’une nouvelle ère d’utilisation de la chimiothérapie dans le traitement du cancer. 

 

Le progrès de la chimiothérapie se résume plutôt au soulagement de la douleur causée par elle.

 

Les agents cytotoxiques manipulent la multiplication cellulaire de plusieurs façons.  Puisque les cellules tumorales se multiplient à une fréquence plus rapide que les autres cellules, les tumeurs et les métastases répondent plus rapidement aux agents cytotoxiques en régressant ou parfois en disparaissant complètement.  Par contre, il peut aussi y avoir un effet néfaste sur les autres cellules saines qui se multiplient rapidement, telles que les cellules des racines de cheveux ou les cellules qui produisent le sang dans la moelle osseuse.

 

Les résultats spectaculaires obtenus dans le traitement de la leucémie ou des lymphomes incitèrent les médecins à prescrire le traitement toxique aux grands nombres de patients souffrant de tumeurs organiques.  Mais, est-ce que la chimiothérapie leur permet réellement de vivre plus longtemps?  Une étude comparative ayant pour objectif d’aborder cette question importante n’a jamais eu lieu.

 

Il est probable qu’il n’y ait jamais de réponses à ces questions.  Les études cliniques font des comparaisons entre les nouvelles et les anciennes cytotoxines; il n’y a pas de groupe contrôle sans traitement.  Afin d’obtenir l’acceptation des agences de réglementation, il suffit d’apporter une évidence quelconque d’ “importance statistique“ des bénéfices d’un nouveau médicament par rapport à une autre cytotoxine, à partir d’un petit groupe de sujets d’étude choisi. 

 

Les médicaments sont tout, sauf inoffensifs.  Quelques-uns des premiers agents chimiothérapeutiques provoquèrent un grand nombre de morts après quelques semaines de traitement et furent donc jugés non-viables sur le marché.  Le traitement aux agents cytotoxiques signifiait l’enfer-sur-terre pour les patients.  Ces derniers perdaient leurs cheveux, leur appétit, vomissaient, perdaient de l’énergie et souffraient d’inflammations.  Avec le temps, quelques médecins en vinrent à se demander si les cytotoxines si prometteuses ne faisaient rien d’autre que de régresser les métastases, et ce, seulement de façon temporaire.

 

En septembre 1985, Klaus Thomson, maintenant décédé, mais à l’époque Directeur du Département de gynécologie à l’Hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf, déclara lors d’un congrès international à Berlin: “Ça devrait nous porter à réfléchir d’entendre un nombre de plus en croissant de médecins déclarer: ”Je ne permettrais pas qu’on m’administre un tel traitement.“

 

Dix ans plus tard, l’épidémiologiste Ulrich Abel de l’Université d’Heidelberg sema un doute quant à l’efficacité de la chimiothérapie.  Il avait passé une année à réviser plusieurs milliers de publications sur la chimiothérapie et fut troublé de constater que “pour la majorité des cancers organiques il n’existe aucune évidence que le traitement de chimiothérapie – en particulier la thérapie à doses élevés dont la popularité allait en grandissant – pourrait prolonger ou améliorer la qualité de vie d’un patient“.

 

Un certain nombre d’oncologues réputés partageait cet avis – mais ceci n’empêcha pas la prolifération de la chimiothérapie.  Peut-être aussi parce que les médecins ne voulaient pas admettre à leurs patients qu’ils étaient impuissants face au cancer, ce traitement toxique du cancer étant devenu un des dogmes de la médecine. 

 

Ainsi, tout le monde était satisfait: “Le médecin est content parce qu’il peut offrir quelque chose, les patients parce qu’ils peuvent prendre quelque chose, et l’industrie est contente,“ mentionne le Dr Jäger, un gynécologue de Düsseldorf.  Il souhaite qu’au lieu de gaspiller des millions sur des traitements de chimiothérapie dispendieux, plus d’argent soit alloué au suivi préventif.

 

Le progrès de la chimiothérapie correspond plutôt au soulagement de la souffrance causée par la méthode elle-même.  Au tout début, ces toxines cellulaires affaiblissaient les patients au point où ceux-ci devaient être suivis en milieu hospitalier.  Maintenant il y a des remèdes pour la perte de cheveux, les vomissements, la perte d’appétit, la diarrhée et la constipation; plusieurs types de chimiothérapies peuvent même être administrés sur la base d’une consultation externe, et les patients ne souffrent presque plus de crises de vomissements.  “De telle façon que,…“ explique le Dr Overkamp, un oncologue à Recklinghausen, “…je fus finalement capable d’installer du tapis mur-à-mur dans mon cabinet.“

 

Calculé sur une période de trois mois, Overkamp prescrit à ses 1 100 patients cancéreux des médicaments valant au total 1.5 million d’euros.  Au plan national, les revenus des agents cytostatiques s’élevèrent à 1.8 milliard d’euros pour la période d’août 2003 à juillet 2004 – une augmentation de 14 pourcent par rapport à l’année précédente.

 

Les derniers ”bestsellers“ sont les anti-corps capables de reconnaître les cellules cancéreuses.  Et encore une fois, les manufacturiers anticipent une percée – cependant, il n’y a aucune évidence définitive de propriétés favorisant le prolongement de la vie chez les patients en phase terminale.  Entre temps, l’avantage concurrentiel créé par les nouveaux anti-corps a suscité une poussée agressive des anciennes cytotoxines conventionnelles sur le marché.

 

Pendant des décennies, les manufacturiers de médicaments ont introduit des agents cytostatiques sous toutes sortes de nouvelles formes; dans les années soixante-dix, il y avait 5 agents approuvés, dans les années quatre-vingt dix ce chiffre passa à 25.  “Si on avait fait de petits progrès à chaque fois qu’un nouvel agent apparaissait sur le marché,“ s’interroge le Dr Hölzel, un épidémiologiste à Munich, “alors nous aurions constaté des améliorations remarquables au cours des dernières décennies.  Ce n’est pas le cas puisque les registres de cancer ne démontrent rien de la sorte.“

 

Il est également difficile de trouver quoi que ce soit aux feuillets d’information sur les travaux de recherche des manufacturiers de médicaments qui indique l’amélioration des taux de survie.  Pour les patientes ayant un carcinome mammaire métastasé, par exemple, seulement 10 études mentionnent qu’un cocktail spécifique d’agents cytostatiques s’avère meilleur qu’un autre produit pour prolonger la vie.  Mais puisqu’un nombre incalculable d’études comparatives furent effectuées, selon le Dr Abel, un épidémiologiste d’Heidelberg, “les différences statistiquement importantes dans un grand nombre d’études proviennent simplement d’un coup de chance.“

 

Les partisans de la chimiothérapie aiment se référer à deux études confirmant les bénéfices des traitements.  Dans une étude, des recherchistes français comparèrent le taux de progrès de 724 patientes ayant un cancer du sein métastasiant; les taux de survie trois ans après le diagnostic (et le traitement entre 1987 et 1993) augmenta de 27% à 43% (1994-2000).

 

Cependant, pour l’épidémiologiste, le Dr Hölzel, cette conclusion est fallacieuse.  Il est clair que les médecins arrivèrent au diagnostic de cancer du sein métastasiant durant la période entre 1994 et 2000 plus tôt et plus rapidement que dans des cas précédents.  Et puisque la maladie n’avait pas progressé trop loin après le diagnostic initial et puisque l’espérance de vie était plus élevée, les recherchistes comptèrent plus de jours jusqu’à la mort, ce qui expliquerait les taux de survie améliorés – en l’absence de toute thérapie.

 

Un autre document cité régulièrement concerne la conclusion rendue publique en août 2003 par des recherchistes à l’Université du Texas à Houston.  Selon la publication, les taux de survie sur cinq ans chez les femmes ayant un cancer du sein métastasiant se sont améliorés continuellement entre 1974 et 2000 – de 10 à 44 pour cent.  L’article passe en revue les agents cytostatiques qui ont supposément rendu possible cette amélioration spectaculaire.

 

Mais il y a un caveat: L’étude compare les femmes avec et sans métastase.  Les auteurs de cet article si célébré concèdent quelque part dans le texte: “Les groupes plus récents ont été faussés parce qu’ils incluaient des patientes ayant des profils de pronostics plus favorables.“

 

“Le gros désavantage avec la médecine du cancer c’est le manque complet de toute documentation systématique,“ se plaint Hölzel, en considération des conclusions fautives.  Son évaluation critique et sa requête envers l’intégrité scientifique et la recherche basée sur une évidence solide, ne devraient cependant pas déranger la conscience de l’industrie, puisque celle-ci se porte très bien sans preuve de bénéfices pour les patients cancéreux en phase terminale.  

 

JÖRG BLECH



Retour en haut de la page 




Si vous voulez être tenu(e) au courant des événements, en anglais,
veuillez cliquer ici. 


Ce site est conforme au Copyright© du
Dr med. Ryke Geerd Hamer, Amici di Dirk,
Ediciones de la Nueva Medicina S. L.